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HISTOIRE
À l'origine de la nation polonaise sont les tribus des Slaves occidentaux, qui s'établissent dès le Ve siècle à l'est de l'Oder entre la mer Baltique et les Carpates.
À partir du XIIe siècle, la crise monarchique et les incursions des Germains affaiblissent le pays qui se relève sous le règne de Ladislas Lokietek. Son fils, Casimir III le Grand (1333-1370), devient le véritable restaurateur de la monarchie et constructeur d'un grand essor commercial, économique et culturel (fondation de l'Université de Cracovie).
En 1386 a lieu l'union personnelle entre la Lituanie et la Pologne. Le Grand-Duc de Lituanie devient roi de Pologne sous le nom de Ladislas II et fonde la dynastie des Jagellons. En 1410, il remporte sur les chevaliers Teutoniques la victoire de Grunwald. Les règnes de Sigismond Ier le Vieux (1506-1548) et de Sigismond II Auguste (1548-1572) voient l'apogée de la Pologne, marquée par la diffusion de l'humanisme, de la science (Copernic), la tolérance religieuse et l'essor économique. En 1569, l'Union de Lublin assure la fusion de la Pologne et de la Lituanie en une "république " gouvernée par une Diète unique et un souverain élu en commun. Après la mort de Sigismond II (1572), dernier des Jagellons, la noblesse impose un contrôle rigoureux de l'autorité royale.
Sigismond III Vasa, qui transféra la capitale de Cracovie à Varsovie, mène des guerres ruineuses contre la Russie, les Ottomans et la Suède. Puis vient révolte des Cosaques (établis dans la vallée du Dniepr) et les années 1648-1667, appelées celles du " déluge ". Sous le règne de Jean III Sobieski (1674-1696), qui repousse les Turcs devant Vienne en 1683, la Pologne retrouve sa force. C'est alors que naît le portrait de "Sarmate", expression de l'idéologie nationaliste et guerrière des Polonais. Après Jean II Sobieski, l'anarchie se développe; le pays devient l'enjeu des puissances étrangères (France, Russie, Suède) qui interviennent dans les affaires intérieures du pays et se battent pour imposer leurs candidats successifs au trône de Pologne (les Électeurs de Saxe, Auguste II et Auguste III, soutenus par la Russie, Stanislas Ier Leszczynski (1704-1709, 1733-1736), appuyé par la Suède et la France. L'époque se termine par la guerre de la Succession de Pologne (1733-1738).
Après la disparition de l'Etat, de nombreux patriotes polonais dispersés à travers l'Europe - dont beaucoup en France - tentent de lutter pour qu'un jour le pays puisse renaître. Constituées à l'appel de Dabrowski, les "Légions polonaises" jouent un rôle dans l'épopée napoléonienne, ce qui résulte par la création par Napoléon Ier du grand-duché de Varsovie (1807-1813). Le Congrès de Vienne, en 1815, devient un quatrième partage pour la Pologne en la réuniant à l'Empire russe. Commence, donc, la lutte contre l'oppression tsariste (1830 - l'insurrection de Varsovie) et un fort courant d'émigration (Mickiewicz, Chopin). La partie prussienne et la partie russe de la Pologne étant soumises à une politique d'assimilation, la partie autrichienne constitue un refuge à la culture polonaise et du mouvement artistique "Jeune Pologne".
En 1939, refusant de céder Gdansk et son corridor, la Pologne est envahie par les troupes allemandes, qui franchissent la frontière le 1er septembre. En même temps, suite au pacte secret Ribbentrop-Molotov, l'Allemagne et l'URSS se partagent la Pologne. Le gouvernement en exil, dirigé par Sikorski, s'établit à Londres. Staline fait exécuter des milliers de militaires et de civils polonais (massacre de Katyn). En 1943 le ghetto de Varsovie est anéanti et un an plus tard Varsovie se lève, mais l'insurrection se termine par la destruction de la ville et la déportation des survivants. C'est sur la terre polonaise que les nazis construisent les plus grands camps de concentration et d'extermination, ou périssent des millions de Polonais, dont 3 millions de Juifs. L'année 1945 est celle de l'entrée des troupes soviétiques à Varsovie et de l'installation du comité de Lublin qui se transforme en gouvernement provisoire. Les frontières du pays sont fixées lors des conférences de Yalta et de Potsdam. La Pologne perd ses territoires à l'Est, mais retrouve ses droits sur la Silésie, la Poméranie. Le parti communiste prend le pouvoir. En 1948 Wladyslaw Gomulka, partisan d'une voie polonaise vers le socialisme, est écarté au profit de Boleslaw Bierut qui s'aligne sur le modèle soviétique, pour revenir en 1956: après les émeutes ouvrières de Poznan, le parti fait appel à Gomulka pour éviter un soulèvement anticommuniste et antisoviétique. À partir de 1970, Gierek veut remédier aux problèmes de la société polonaise en modernisant l'économie avec l'aide de l'Occident. Pourtant, l'injonction de sommes énormes dans une économie malsaine ne provoque qu'un endettement record. L'élection de Karol Wojtyla, archevêque de Cracovie, à la papauté sous le nom de Jean-Paul II (1978) encourage les aspirations des Polonais à la liberté intellectuelle et politique.
En 1990 Lech Walesa est élu président de la République au suffrage universel et, en 1991, à l'issue des premières élections législatives entièrement libres, une trentaine de partis sont représentés à la Diète. En 1993, Lech Walesa dissout la Diète. Les élections sont remportées par l'Alliance de la Gauche Démocratique (coalition d'une trentaine des partis de gauche, dont ex-parti communiste), puis, en 1995, son candidat, Aleksander Kwasniewski, est consacré président de la République. |